Samedi 3 mai. Étape particulière aujourd’hui puisqu’il a fallu nous adapter. L’étape de nos deux guides s’arrête à Pina de Ebro après 38,2 km. Mais il n’y a plus d’hébergement, du tout. Il faut aller à Fuentes de Ebro, 11km plus loin. Ce qu’on a fait après avoir pris un taxi pour les 20 premiers kilomètres. D’après le conducteur, il fait souvent ça. 49 km à pied dans la journée, ce n’est pas à la portée de tout le monde.
Nous prenons le Chemin à 7h15. Derrière nous, le ciel est joli.Une large piste, un univers ingrat le plus souvent mais aussi, parfois, un champ de céréales. Pas d’habitation, quelques ruines sur plus de 15 km.Et pas âme qui vive.On fait notre pause de midi, à 11h30, sur un banc à Pina de Ebro. Le ciel est resté couvert toute la matinée. C’est reparti, dans les rues de Pina de Ebro. On perd le fléchage. On se rallonge. L’église Le clocher, un peu squatté.De l’autre côté de la place, le clocher de l’ancienne église aussi. Première vue de l’Ebro que nous traversons sur un très long pont.C’est ici que le Camino Catalan (à gauche) rejoint le Camino del Ebro.Après un joli mais très bref passage verdoyant et humide…Nous retrouvons une piste interminable le long d’une voie ferrée. Pause fort appréciée à l’ombre d’un pont, les pieds dans un petit canal avec 2 ou 3 cm d’eau. Nous arrivons enfin à Fuentes-de-Ebro. Direction un bar pour une caña bien méritée. On loge dans un hôtel très bien, Texas II.
Étape agréable encore aujourd’hui avec une piste variée et sous le soleil revenu
Ce matin, nous partons en gentille compagnie avec des dizaines et des dizaines de lapins. Ils sortent de partout, traversent la piste à toute vitesse. Arrivée à Candasnos où nous allons prendre cafés et madalenas.Nous retrouvons la piste Un buisson que nous voyons régulièrement, couvert de petites fleurs jaunes qui sentent bon.Pas beaucoup de végétation dans cette partie qui ne semble pas avoir d’irrigation. Petite pause à une aire de repos de la NII. La table est solide.Petite infidélité du Chemin à la piste. C’est bien, ça change. Contrée aride à quelques kilomètres de Peñalba.Des coquelicots comme on n’en voit plus chez nousArrivée à Peñalba où nous allons faire quelques courses pour notre pique-nique. On traverse des zones bien différentes comme celle-ci Et, peu après, un immense champ de luzerne bien verte grâce à l’irrigation Pique-nique presque confortable, sur deux parpaings, à l’ombre d’une petite cahute abritant la pompe.Toujours ce même champ de luzerne. Arrivée à Bujaraloz Ce soir notre hébergement est en plein centre de cette petite bourgade de 1000 habitants, dans cette jolie rue.C’est ici. Très bien Depuis la fenêtre de notre chambre, le clocher de l’église de Santiago el Mayor. Fermée elle aussi. Bel ensemble du XVIIe siècle.
Journée plutôt agréable malgré la pluie, pas trop méchante.
Sous une petite pluie, nous quittons Fraga par la ville du XXe siècle, sur la rive droite, bien différente de celle par laquelle nous sommes arrivés hier.Assez vite, nous attrapons une piste qui monte. Aujourd’hui, les difficultés sont en début d’étape avec un peu plus de 300m de dénivelé sur 4km.Une montée régulière plutôt facile. On attaque notre deuxième semaine, l’entraînement porte ses fruits. Arrivés en haut du premier palier, le second se profile droit devant. Difficulté majeure, l’argile qui colle aux chaussures. Certaines fois on a des centaines de grammes sous chaque pied.Des VTtistes qui nous avaient doublé au bas de la montée sont complètement englués. Ils sont obligés de porter leurs vélos. On arrivera là-haut bien avant eux.Tout va bien. On est bientôt arrivés sur le plateau des Monegros, glacial l’hiver, torride l’été.Sur le bord du chemin, une très jolie fleur. Inconnue pour nous.Bien mouillés quand même, nous faisons une halte dans ce bar où la cheminée dévore de belles bûches. Pause très sympa avec des gens charmants, un peu surpris de nous voir. C’est la première maison depuis Fraga, la prochaine est à 6km.La suite est plus simple, même si la terre colle encore parfois, c’est tout plat. Côté culture, des céréales maigrichonnes ; pas d’irrigation ici.Deux moissonneuses-batteuses en chômage technique. La coupe est faite très rase mais les big-balleurs sont très dispersés dans les champs.A une station service le long de la Nationale II, pique-nique pas des plus confortables mais on est à l’abri. Le long de la piste, les ruines d’un ancien relais. Ici, c’est la culture des cailloux. Toujours ce même paysage qui rappelle nos grands causses.Les conditions ne nous font pas oublier de prendre soin de nos pieds, nos alliés les plus précieux. Et pour le moment, tout va bien. On a vu notre premier troupeau de moutons avec son berger. On a même eu quelques instants de soleil en fin d’étape. Pas beaucoup. Ici, un des très rares arbres que nous ayons rencontrés.Ce soir, nous sommes ici ; un hôtel de bord de route, rustique, 3km avant le village de Candasnos, ce qui permet d’équilibrer les deux étapes. Le temps est encore tout gris mais ce devrait être mieux demain. Aujourd’hui, on devait être autour de 20.
Une étape annoncée à 35 km, qui plus est avec tout un tronçon inintéressant et dangereux. On a donc aménagé.
La sortie de Lleida se fait sur une belle promenade le long de la SagreDeux kilomètres plus loin, nous entrons dans une réserve naturelle. Jolie promenade tranquille Un couple de cygnes et leurs deux petits. De l’autre côté du chemin, nous longeons une immense plantation de pommiers. 460 rangs, de sûrement 200 m de long. Quelle longueur de pommiers ça fait ? Ils sont en goutte à goutte. On y voit une équipe de quatre ouvriers -tous subsahariens- occupés à attacher les branches aux fils tendus.Petit hameau de Bustenit en vue.Dans certains vergers, faute de pouvoir irriguer, les fruits ont été ôtés. Ici, des brugnonniers. On en a aussi ramassé trois, des beaux, un peu plus loin. Pas trop mûrs encore. Et un paraguayo.A Alcarras, après 15 km, on a opté pour le taxi sur 10km. Bus impossible car on passait de la Catalogne à l’Aragon. On a repris notre Chemin dans cette nouvelle province qui parle espagnol. Plus de Cami de Sant Jaume mais ça. Piste caillouteuse à longer d’immenses bâtiments industriels en construction. L’industrie agro-alimentaire doit être très importante Nous traversons des zones quasi-désertiques.Mais on retrouve un petit canal à l’eau dynamique On amorce la descente vers Fraga, à 4km encore. Il fait 30 mais le ciel se couvre progressivement. Une arrivée assez surprenante sur la ville. Ici c’est la Cinca qui traverse la ville de 15000 habitants. Pour l’hébergement, on découvre une formule qu’on n’a encore jamais vue. On passe à la paroisse San Pedro où un prêtre nous a délivré, après vérification et tampon sur nos crédenciales, un bon à donner à l’hôtel le Trebol. La chambre nous est offerte par la mairie !!!Bien contents d’être arrivés à 17h20. La douche et la lessive. Ici, l’art de faire sécher la ropa, le linge.
Une étape ressemblant beaucoup à celle d’hier mais avec, à l’arrivée, une très belle ville. Lleida ou Lérida, dernière ville de Catalogne
Lever tôt ce matin, 5h10, signal donné par Johannes et sa femme dont on n’a pas saisi le prénom Pour nous, desayuno dans le mini gîte avant de partir. Retour sur notre terrain de prédilection en ce moment, avec des noyers qu’on n’avait pas vus hier.Dix pèlerins d’un coup ; ça ne risque pas de nous arriver !Irrigation tonitruante d’un champ de luzerne. Un peu plus loin, même chose pour des poiriersEt juste à côté, une formule beaucoup plus économe en eau.Premier aperçu de Lleida, très loin encore L’arrivée sur la ville, dominée par la cathédrale et le château, n’est pas très intéressanteLes rives de la Segra qui coupe la ville en deux
Ce soir nous sommes à l’hôtel Goya, petit établissement en bordure de la vieille ville. Après l’installation et un peu de repos -il fait 28 ou 29, comme les jours précédents- on va faire un peu de tourisme
La vieille cathédrale, tout là-haut. On y accède, de la ville, par un ascenseur, ce qui est une bonne idée. On a un peu mal aux jambes quand même. Quelques éléments architecturaux intéressants : la Paeria du XIIe au XVIIe, l’église Sant Joan du XIXe et un immeuble de 1919.Et l’ancien hôpital Santa Maria, du XVe. Pour le moment, on en n’a pas besoin, tout va bien. Juste une toute petite ampoule sur un petit orteil de… Danièle.
Une étape, la cinquième, tranquille pour récupérer, avec des dénivelés dignes de notre canal d’Ille-et-Rance.
Après une grasse matinée et un départ à 7h30, le beau portail de l’église de Vilagrassa.De beaux éléments architecturaux qu’il est urgent de bonifier.Aujourd’hui, nous allons marcher au milieu des cultures. Rien à voir avec hier.Des cultures irriguées grâce au canal d’Urgell que nous allons suivre pendant quelques kilomètres Il permet l’irrigation des céréales par le pied, avec un savant réseau d’irrigation. Dans des champs bien plats comme du blé ici. En fin d’étape, on a vu quelques champs moissonnés.Mais aussi des arbres fruitiers : pommiers, poiriers, abricotiers, pêchers, brugnonniers. Et aussi une immense plantation d’amandiers, qui n’a pas besoin d’irrigation. Pause de midi à Castellnou-de-Seana. Bien confortable et agréable. Longue aussi. On a fait nos emplettes dans une petite épicerie juste en face.Quand on le peut, on déserte la piste caillouteuse pour les bords de champs plus confortables. Une vue plus traditionnelle Aujourd’hui, nous avons vu nos premières cigognes. Ici, un nid sur l’église de El Palau d’Anglesola.Notre mini refuge d’aujourd’hui. Quatre places que nous partageons avec deux Allemands qui font Le Chemin de Saint Ignace. Ici, le gîte est géré par des bénévoles en binôme qui se relaient chaque semaine. Ici, Carmen et Marta, très sympa.Occupation postprandiale après quelques toutes petites gouttes pour notre dessert
Dimanche 28 mai. Une belle étape aujourd’hui. Tellement qu’on en a fait un peu plus.
Départ à 6h30 ce matin, tout de suite sur un agréable chemin Au milieu des champs de céréales On est sur le calcaire, le sol est pauvre. La sécheresse n’arrange rienLa petite église Sant Jaume de Pallerols, fermée comme toutes celles où on est passé, pratiquement. Sauf les grandes. Prêts à repartir après notre pause à Sant Pere des Arquells. On voit la statue de Saint Pierre sur la fontaine, bien appréciée.Un peu après, long passage en sentier qui monte de façon assez raide.Avant de retrouver notre piste favorite. Pour l’ombre, ce n’est pas vraiment ça. Un jardin savamment irrigué. Au loin, Cervera, ville bien perchéeDes murailles impressionnantes l’entourent sur une grande partie. L’imposante église Santa Maria tout au sommet de la ville Les trois éléments majeurs de la ville réunis sur la photo : l’hôtel de ville, le clocher de l’église et un petit morceau de la Plaça Major.A un kilomètre de la ville, les ruines de l’église de Santa MagdalenaVers midi, le long d’un grand champ d’orge irrigué avec de petits asperseurs qu’on ne remarque pas sur la photo. Le seul de la journée Pause de ce midi sous un amandier. Pas très confortable Le village de Fonolleres, on n’y monte pas. 370m aujourd’hui, c’est bien assez.Fontaine bien appréciée à El Talladel. Il fait 28 d’après les thermomètres L’église de Tarrega, fermée aussi. Mais pas l’ayuntamiento, aujourd’hui ce sont les élections municipales et régionales.
On devait s’arrêter à Tarrega mais l’albergue de peregrinos est fermé. Au téléphone, le gars est un peu gêné mais m’envoie vers les hôtels. Comme demandé, j’avais envoyé un courriel pour notre arrivée. Avec mon espagnol approximatif, j’en trouve un, trois kilomètres plus loin.
A Villagrassa. La réceptionniste nous a demandé où était notre voiture. Quand elle a compris que nous étions à pied et d’où l’on venait, elle a pris soin de nous. On est très bien.
Ici, les pèlerins ne sont pas nombreux. Les deux Français qu’on a vus à Montserrat terminaient. Ce matin on a vu un couple d’Italiens qui font Le Chemin de Saint Ignace de Loyola. Il commence près de San Sebastian, rejoint Logroño, et fait ensuite notre chemin en sens inverse.
Samedi 27 mai. Une étape comme on en trouve de temps à autre. Mais il faut faire avec…
Pas très tôt, 7h30, l’étape n’est pas très longue, nous quittons notre homeDans la traversée d’Igualada, une superbe école de 1907A la sortie de la ville, 50 000 habitants, nous passons devant l’église de Sant Jaume Sesoliveres du XIe siècle, longtemps refuge des pèlerins. Sant Jaume, c’est Saint Jacques, ou Santiago. Appelée aussi Sant Jaume del Cami.Belle propriété en quittant IgualadaMoment le plus agréable de la journée, quelques centaines de mètres de pistePour le reste, ce sera souvent ça On essaie de trouver des dérivatifsLe château de Jorba qui domine le petit village Ça continue ! On est bien protégés de la route, mais on a été doublés par des centaines de motards bruyants. On est samedi.L’église de Santa Maria del Cami du XIIIeBel oculus d’une chapelle juste à côté Une petite portion à l’ombre des platanes, et sans la routeUne interminable ligne droite, qui monte interminablement. Aujourd’hui, le dénivelé, d’après le guide, est de +635 mEn parlant de guide, il a beaucoup souffert de la montée très humide à Montserrat. Il rentre très difficilement dans ma poche. Je crois que je vais faire un effeuillage Le moment où nous avons été au plus près de l’autoroute A 14h30, nous voici arrivés au terme de cette étape où on a eu les premières chaleurs : 28 annoncés, je veux le bien croire.
Demain, l’étape devrait être nettement plus agréable, d’après le guide. Tant mieux !
Vendredi 26 mai 2023. Le retour du soleil après la dantesque étape d’hier. Comme on en n’avait jamais connue !
Petit déjeuner à l’albergue. Toutes nos affaires ont séché cette nuit. Merci le chauffage ! Dieu sait qu’elles étaient bien trempées. Ce matin, il fait très beau. Sous nos pieds, une mer de nuages Un peu plus loin, c’est le monastère de Sant BeneatA notre gauche, ce n’est pas mal non plus. La réserve naturelle de la Sierra de Montserrat Sans surprise, ils les appellent les Dentelles, enfin l’équivalent en catalan Un peu après 10 km, passage sportif avec des marches de géant. C’est vrai que la photo n’en rend pas bien compte Ça y est, on a passé le plus haut point de la journée. Reste à descendre.Tout au fond, on devine Igualada, terme de l’étape d’aujourd’hui Danièle qui a toujours l’œil, a repéré un cerisier dans un alignement d’oliviers. Une première sur ce Chemin Une pause fort appréciée au bar de Castelloli. Rien dans le sac à dos hormis un peu de fromage. Cet après-midi, c’est moins fun avec, notre espace protégé, la route, où il ne passe pas grand monde, et l’autoroute. 5 où 6 km comme ça. Bon, c’est moins fatigant que les chemins caillouteux. La très longue et morne entrée d’Igualada. Il nous reste encore 5 kmBeau décor qui va bien à Danièle Voici l’albergue municipal, pas mal non ? Ouvert l’an dernier On mange ici après quelques courses en ville. Très animée : il fait très beau et on est vendredi.
Nous sommes les seuls dans l’albergue qui a une capacité de 45 places. Tout est vraiment très bien.
Là-haut, Danièle devant notre tout petit dortoir C’est la pleine campagne des municipales ici. Depuis avant hier, on en a vu des portraits accrochés aux lampadaires ! Ici, une voiture aux couleurs du candidat du PSC, photo prise depuis la jolie baie de la façade
Après 4km depuis notre hôtel, nous prenons le train pour quelques kilomètres jusqu’à Olesa de Montserrat. Nous démarrons à Olesa d’où nous devons rejoindre Esparregeria sur sa falaise Par un chemin qui monte dur pour nous élever de 100mPetite pause dans le village Nous sommes maintenant sur un beau chemin Arrivée à Collbato à midi Le décor de cet après-midi On monte toujours Plus de 900m de dénivelé aujourd’hui Et il pleut de plus en plus fort. Je vais mettre mon téléphone à l’abri de la pluie Je ne le ressors que juste avant d’arriver Au monastère de Montserrat, immense L’entrée de la basilique L’intérieur avec la vierge noire Séchage partout L’albergue de peregrinos c’est un appartement dans ce grand hôtel. Nous sommes avec deux Français Menu pèlerin très classe. Bon, on n’a pas le dress-code !